Claudia ALBISSER-HUND – photographe culinaire

13 Jan 2014Actualités, Portrait0 commentaires

Claudia, Albisser hund, photographe, cuisine, culinaireComment en êtes-vous arrivée à la photographie culinaire ?

J’ai d’abord commencé comme photographe industrielle dans les années 1990. J’avais des clients de tous horizons, et un grand studio à Bâle, avec 4 employés. On réalisait des catalogues de mobiliers de jardin et d’autres projets de grande envergure et à grande échelle. Mais après quelques années, j’ai vu que cela me plaisait beaucoup de faire de la photo culinaire. J’ai alors développé cet aspect et multiplié les clients pour ce genre de demandes. Et en 2005, j’ai déménagé pour un studio plus petit dans lequel je travaille seule et ne fais plus que de la photographie culinaire.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans la photographie culinaire ?

J’aime pouvoir travailler seule, du début à la fin sur un projet. Pouvoir développer tout le concept de la photo. Comme je m’occupe de la préparation des plats et du stylisme, je peux tout maîtriser de A à Z et faire vraiment à mon idée. C’est ça qui me plaît particulièrement dans la photographie culinaire. J’aime aussi le challenge de faire une photo qui mette l’eau à la bouche.

Vous travaillez toujours seule ?

Non, quelquefois, je travaille avec un styliste, lorsqu’il s’agit de campagnes de pub. Les délais étant très courts, il est nécessaire d’être deux. Mais c’est très difficile, car les deux personnes n’ont jamais la même idée du rendu final. De plus, j’aime faire à mon idée, et essayer des nouvelles choses… alors dans ces cas-là, je suis obligée de me retenir !

Un modèle, une influence, un mentor ?

Pour la naturalité, j’aime beaucoup Henri Cartier Bresson, qui faisait des photos très spontanées. Dans l’univers de la photo culinaire, j’aime beaucoup le travail de Mickael Wissing. C’est une personne très compétente. Il fait de la photo culinaire depuis longtemps et a toujours su se développer, se renouveler. C’est ce que je m’évertue à faire aussi, toujours me renouveler.
Mais il n’y a pas que les photographes qui m’inspirent. J’aime aussi beaucoup les peintres. Je vais voir beaucoup d’expos, j’y trouve aussi des modèles,des influences, notamment dans les natures mortes.

Racontez-nous le travail/projet/mission dont vous êtes le/la plus fière.

Pour moi ce n’est pas un travail en particulier mais tous les projets où j’ai eu la possibilité de m’investir avec mes propres idées, les projets que j’ai pu tenir en main de bout en bout.

Quand vous étiez enfant, vous rêviez d’être…

J’ai toujours voulu faire quelque chose de mes mains. J’ai toujours fait beaucoup d’activités créatives : dessin, bricolage, cuisine… Je prenais aussi sans arrêt des photos dans les zoos, et je réalisais des albums d’animaux. Oui, j’ai fait des tas d’albums d’animaux !

D’où vous vient votre goût pour la cuisine ?

Peut-être est-ce un peu génétique. Mon papa était chef de cuisine, ma grand-mère également. Je me souviens que, lorsque j’avais 8 ans, pendant les vacances scolaires, mon père m’avait pris dans sa brigade. J’avais une tenue et une petit toque, j’évoluais dans cette cuisine de grand hôtel entourée des dix cuisiniers. J’étais impressionnée ! Comme j’aimais bien pâtisser, j’assistais beaucoup le chef pâtissier. Et chaque soir, on me donnait une petite enveloppe avec 5 francs suisses, j’étais très fière. C’était une vraie chance de faire partie de la brigade de mon papa !

Définissez-vous en trois mots :

Je dirais que je suis curieuse. Je suis également persévérante : quand j’ai une idée en tête, je ne la lâche pas ! Et puis je suis également enthousiaste. Je pense toujours que tout va bien se passer, que ça va aller !

Vous ne pouvez pas passer une journée sans…

Cuisiner ! Même les jours où on va manger au restaurant, je me mets en cuisine pour faire un gâteau ou un pain pour le lendemain. Je ne peux pas m’en empêcher, ça me déstresse !

Avouez-nous une petite manie franchement inavouable.

Je suis un peu désordonnée lorsque je suis plongée dans le travail. Ce n’est pas beau de voir ma cuisine, et c’est d’ailleurs pour ça que je préfère travailler seule ! Ce n’est pas idéal à mon avis, pour un collaborateur, un tel désordre. Par contre, une fois que le projet est terminé, je nettoie tout de très près et fait place nette pour le prochain.

L’objet que vous emportez partout, tout le temps, par tous les temps ?

Mon iPad. Le téléphone, je peux très bien m’en passer. Mais la tablette, non. Elle me permet de prendre des notes, de faire des petites photos, de naviguer sur internet…

Votre moyen de transport privilégié ?

J’habite à la campagne, il m’est donc nécessaire d’avoir une voiture pour faire mes courses. Mais le reste du temps, j’utilise beaucoup mes pieds. Je fais des kilomètres chaque jour : j’ai un grand jardin, je fais le tour du village… je suis une grande marcheuse !

Votre geste éco responsable préféré ?

Mes poules et mes oies ! Elles mangent tous les restes de ma cuisine, qu’elles apprécient beaucoup d’ailleurs ! J’ai 10 poules de races anciennes, 2 coqs et 4 oies ; certaines sont vieilles mais il n’est pas question que je les mange : je tiens énormément à ma basse-cour !

Interview fluide et limpide en français (alors que la langue maternelle de Claudia, c’est l’allemand) par Aurélie Godin (qui a tout oublié de ses leçons d’allemand… bouh, la honte)

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