Une poêle drôlement culottée !

17 Oct 2013Actualités, Brèves0 commentaires

Photo Claudia Albisser HundIl n’y a pas si longtemps, suite aux conseils d’Eric, j’ai décidé de faire l’acquisition d’une poêle en fer. Un de ces ustensiles qu’affectionnait ma grand-mère. Petite nostalgie des cèpes fraîchement dépiautés, après une balade en forêt, effluves d’ail et de persil rissolant dans le beurre… oui je sais, ce n’est pas très  diététique, mais ma grand-mère n’a cuisiné qu’au beurre, au saindoux et à la couenne de lard jusqu’à son dernier souffle à l’âge de 93 ans. Souvenirs, souvenirs d’enfance !

 

Bref me voilà partie à la recherche du graal. À peine avais-je franchi le pas-de-porte d’ une boutique d’arts de la table que je me retrouvais nez à nez avec un jeune garçon tout juste arrivé de l’Empire Céleste. Fort dépité, il tenait à bout de bras la fameuse poêle de mes rêves, passablement rouillée ! Aïe ! Kesaco ? me suis-je dit.

 

Entre le jeune garçon qui ne parlait que chinois et anglais,  la vendeuse qui ne connaissait que le français, je suis arrivée à point nommé pour résoudre le problème dans la langue de Shakespeare.  Et c’est ainsi que j’ai appris que…

Le jeune garçon qui avait acheté sa poêle la veille avait cru bien faire en la laissant tremper dans l’eau toute la nuit. Saké ! Saké ! Jamais pareil traitement  m’a confié la vendeuse. Ni bain prolongé ni passage au lave-vaisselle pour une poêle en fer. Pour la nettoyer, il suffit de déglacer les sucs à l’eau très chaude, d’éliminer les résidus décollés sous le jet du robinet, de donner un coup de chiffon pour essuyer puis de masser l’acier avec un papier essuie-tout imbibé d’un peu d’huile. Et le tour est joué !

 

Et pour faire noircir la poêle de grand-maman, ai-je ajouté. Comment faut-il procéder ?

La vendeuse m’a expliqué : comme premier traitement, laver la poêle à l’eau chaude, bien l’essuyer. Couvrir le fond d’environ 1 cm d’huile, faire chauffer 5 minutes à feu vif. Vider l’huile noircie et laisser tiédir le métal avant de l’essuyer. La poêle est maintenant prête à l’emploi. À chaque usage, un soupçon de matière grasse, un feu vif pour saisir, plus doux pour terminer la cuisson.

 

Avec mon nouvel ami, nous sommes ressortis de la boutique, les papilles affolées à l’idée des saveurs que pourrait nous transmettre notre poêle en acier.  À nous les steaks moelleux à cœur, croustillants en surface, les œufs sur le plat avec le blanc rissolé comme il faut. À nous le goût des bonnes choses. Je vous avoue tout de go. Ma poêle en acier est sacrément culottée et je ne peux plus m’en passer !

Denise Crolle Terzaghi

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